Le nombre de personnes incarcérées pour amendes impayées en Suisse a doublé en vingt ans, atteignant 9030 détentions en 2024. Cette situation concerne uniquement les personnes insolvables et coûte entre 200 et 400 francs par jour à la collectivité. Les prisons doivent se réorganiser pour accueillir ces détenus, entraînant des investissements de plusieurs millions de francs. En 2024, 56% des incarcérations étaient liées à des peines monétaires. Violette, 54 ans, témoigne de son incarcération pour des amendes accumulées sur quinze ans, tandis que Mathis purge 60 jours de prison pour environ 2800 francs d’amendes. La prison lucernoise de Wauwilermoos a dû adapter ses infrastructures pour ces détenus, souvent précaires et dépendants aux stupéfiants. Le directeur de la prison, Andreas Moser, évoque les défis quotidiens liés à ces peines. Julie de Dardel, professeure à l’Université de Genève, précise que seules les personnes insolvables sont concernées. Jessica Jaccoud, conseillère nationale, plaide pour la suppression de la conversion en prison des amendes de moins de 5000 francs. Le Conseil fédéral envisage de dépénaliser la resquille dans les transports publics, tandis que Benjamin Brägger, expert, critique l’emprisonnement pour amendes non payées et propose le travail d’intérêt général comme alternative.
Source: RTS
