À Zurich, les maisons ‘Sugus’ accueillent désormais des personnes relevant du domaine de l’asile après des expulsions de locataires. Le canton dépense 3600 francs par mois pour trois chambres dans un appartement de quatre pièces et demie, un montant presque double du loyer payé par les précédents locataires. Cinq personnes, dont des hommes afghans et éthiopiens admis à titre provisoire, vivent dans trois des neuf immeubles Sugus, partageant des espaces communs tout en ayant leur propre chambre. Ces occupants ont trouvé leur logement eux-mêmes et soumis leurs contrats à l’Organisation zurichoise pour l’asile (AOZ), qui prend en charge jusqu’à 1200 francs par chambre. Par ailleurs, cinq autres locataires bénéficiant de l’aide sociale résident également dans ces immeubles. Le propriétaire, Intuiva AG, utilise des intermédiaires pour louer les chambres. En fin 2024, 105 locataires avaient reçu un avis d’expulsion pour rénovation, jugée abusive par la commission de conciliation, mais le litige est toujours en cours au Tribunal cantonal. Environ deux tiers des anciens locataires ont quitté les lieux, et les appartements sont proposés en location de courte durée sur des plateformes comme Airbnb. L’AOZ défend sa pratique de location, affirmant qu’elle ne peut exclure certains propriétaires sans base légale, ce qui pourrait réduire les options de logement pour les bénéficiaires de l’aide sociale. La question de l’accès au logement à Zurich est préoccupante, avec plus de 8600 locataires de longue durée ayant quitté leur logement entre 2015 et 2020, et seulement 6% des locataires concernés par des rénovations pouvant réintégrer leur logement selon une étude de l’EPFZ.
Source: RTS
